Un peu d'histoire







LES DEBUTS DE
L'EGLISE CATHOLIQUE LIBERALE


par Mgr. James Ingall Wedgwood 

Article publié dans la revue UBIQUE, l'organe officiel de l'Eglise Catholique Libérale aux Etats-Unis (1936).


L'Editeur [d'Ubique] m'a demandé de prendre du papier et une plume et d'écrire un bref compte-rendu des débuts de l'Eglise Catholique Libre. Comme cette histoire n'a pas enore été racontée, c'est avec plaisir que j'accède à sa demande. Je dois demander l'indulgence des lecteurs du fait qu'une partie du contenu du récit soit autobiographique. L'enchaînement des événements est intriqué à la première période de ma vie. Je tâcherai cependant de réduire les éléments autobiographiques à leur plus simple expression.

Je me suis intéressé, dès mon jeune âge, aux orgues d'église. Je me souviens, qu'étant un garçon de sept ans environ, je fus amené dans une vieille église de Folkestone, et d'avoir éclaté en sanglots en entendant jouer de cet instrument. Plus tard, étant à l'école, je reçus des leçons d'orgue et je commençai l'étude des mécanismes internes compliqués des orgues et du traitement de ses différents types de tuyaux. Plus tard, j'écrivis un certain livre à ce sujet, qui est un Dictionnaire des Jeux d'orgue, dont il parut sept éditions. Un autre de mes passe-temps était la chimie. En sortant de l'école, sur recommandation de Sir Henry Roscoe qui était un chimiste célèbre à l'époque, on m'envoya à l'University College de Nottingham, en Angleterre, pour y étudier la chimie analytique avec l'intention d'en faire profession.

Mon attrait pour la musique m'attira dans l'église anglicane [High Church] de cette ville. Je m'intéressai intensément à la présentation catholique de la doctrine Chrétienne et du culte, je devins un servant à l'autel et commençai à lire des livres de théologie. Le maître du chœur de cette église : Saint Aubain à Nottingham, le Dr. Beckett Gibbs, qui faisait autorité en musique de plain chant du système de Solesmes, dirige maintenant (1936 N.D.T.) la musique dans l'église Episcopale Saint Ignace de New York. Dès que mes études furent terminées, on m'envoya au York Minster, l'une des plus grande et des plus belles cathédrales historiques d'Angleterre, comme un élève de l'organiste de cette église, le Dr. T. Tertius Noble, qui est actuellement (1936) à l'église Episcopale Saint-Thomas de New York. Je restai quatre ans son élève. Pendant cette période, j'étais au clavier d'orgue deux fois par jour, et j'aidai à l'entraînement de quelques enfants dans le chœur. Je travaillais comme servant à l'autel de deux églises et comme maître du chœur de l'une d'elle, dans laquelle le plain chant du système de Solesmes est encore utilisé.

Je décidai finalement d'entreprendre les études pour la prêtrise de l'église d'Angleterre. Mais, comme le dit le vieux dicton "l'homme propose et Dieu dispose", (les gens qui croient que le Diable est derrière la théosophie ont la liberté de lui en imputer la responsabilité!), Mme Besant vint faire une conférence à York. Je l'avais entendue parler une fois auparavant, à Nottingham. J'annonçai donc au Vicaire de l'église dans laquelle je travaillais, et dans la maison duquel je vivais: "Je vais écouter cette femme encore une fois, mais cette fois, elle ne m'aura pas". Il m'accompagna à la conférence. Trois jours plus tard, je devins membre de la Société Théosophique et fut sommairement chassé de l'église, le Vicaire ne pouvant tolérer un tel hérétique parmi les officiels de son église! Aujourd'hui, nous sommes les meilleurs amis du monde, et je lui ai récemment dit que j'avais agi dans mon meilleur intérêt et que j'étais certain de ne pas pouvoir me sentir heureux dans l'Eglise Anglicane.

A partir de cette époque, je renonçai au travail de l'église et à une carrière ecclésiastique, et ayant tout juste assez de revenus pour vivre, je décidai de me consacrer au travail dans et pour la Société Théosophique. De 1911 à 1913 j'exerçai les fonctions de Secrétaire Général de la Société en Angleterre et au Pays de Galles, j'abandonnai ce poste pour devenir le Grand Secrétaire de la Juridiction anglaise de la Maçonnerie Mixte. En voilà assez pour l'histoire préliminaire.

En 1913, une lettre fut publiée dans un quotidien de Londres, concernant les habitudes des oiseaux. La lettre attira particulièrement mon attention parce qu'elle était signée par l'Archevêque A.H. Mathew, que je connaissais vaguement comme l'évêque Vieux-Catholique de Grande-Bretagne. Je me sentis forcé de lui écrire et de lui demander des renseignements sur l'Eglise qu'il dirigeait. Il m'envoya une réponse fort amicale. L'idée d'entrer dans les Ordres me repris. Je lui fis connaître les détails de ma vie, mon attrait pour le travail ecclésiastique, et les études que j'avais terminées.

Au cours de la correspondance qui suivit, je fus sincère à son égard, en ce qui concerne mes relations avec la Société Théosophique, et pour l'informer de mon orientation doctrinale, je lui envoyai un exemplaire de la brochure Théosophie par Mme Annie Besant, qui fut publié dans la série Les Livres populaires (The People's Books) édité par Jack. Il m'invita à lui rendre visite, et m'accepta immédiatement. Je fus rebaptisé et reconfirmé « sub conditione » par lui, reçu aux Ordres Mineurs, ordonné au Sous-Diaconat, au Diaconat et enfin à la Prêtrise le 22 juillet 1913. Ces cérémonies furent célébrées dans un oratoire que j'avais installé dans mon appartement au No.1 Upper Woburn Place à Londres, en face des quartiers généraux de la Société Théosophique, où j'occupais les fonctions de Secrétaire Général. Je donne ces détails à cause des attaques sans scrupule qui, récemment, ont affirmé que je lui [Mgr. Mathew] avais caché mon appartenance à la Société Théosophique.

Les années suivantes virent les ordinations à la Prêtrise, par Mgr. Mathew d'autre membres de la Société Théosophique. Voici leurs noms: Bernard Edward Rupert Gauntlett (1er juillet 1914), Reginald Elphinstone Astley Loftus Farrer (1er août 1914), et Robert King (1er août 1914). Rupert Gauntlett appartenait à une famille possédant de grands moulins à papier et y travaillait. Reginald Ferrer vivait de ses rentes. Robert King était et est encore un conférencier théosophe connu et est un spécialiste des facultés psychiques. (1) On devrait encore mentionner après ces noms, celui de Frederick James (4 avril 1915); il était membre de la S.T. depuis l'année précédente. La plupart de ces cérémonies furent célébrées dans l'oratoire de mon appartement. (les dates qui suivent les noms cités sont celles des ordinations à la Prêtrise).

En même temps que Robert King et Reginald Farrer, un ancien prêtre Anglican, non membre de la S.T., Frederick Samuel Willoughby M.A. (Cantab.), fut rebaptisé, reconfirmé et réordonné jusqu'à la Prêtrise, le tout étant, bien entendu, administré sub conditione . Il fut, ainsi que Reginal Farrer, baptisé sub conditione le même jour, dans mon oratoire, l'un par Mgr. Mathew et l'autre par moi-même. Mgr. King et moi-même discutions ces événements récemment - nous sommes de bons amis depuis plus de 30 ans - et il me rappela que le jour de mon premier anniversaire d'ordination à la Prêtrise, je l'emmenai à Bromley, dans le Kent, pour rendre visite à l'Archevêque, et que la conversation tourna vers les habitudes des oiseaux, sur lesquelles le vieil Archevêque avait de larges connaissances.

Un autre membre de la Société Théosophique fut aussi ordonné pendant cette période critique de l'histoire de l'Eglise, c'est-à-dire lorsqu'elle était sous la direction de Mgr. Mathew, son nom était Théodore Bell de Harrogate. Les Quakers étaient nombreux dans les environs de Harrogate et d'York, et il venait d'une famille de Quakers. Ses parents, William et Elizabeth Bell, étaient des Théosophes marquants à Harrogate et possédaient le plus grand magasin de drap de la ville. Theodore Bell fut baptisé par Reginald Farrer, confirmé par Mgr. Willoughby, et reçut tous les Ordres, jusqu'à la Prêtrise (3 novembre 1914) de la main de Mgr. Willoughby. Il travailla plus tard aux Etats-Unis, comme Prêtre Episcopalien et y a atteint un certain renom. Son frère, Robert William Bell, est aussi bien connu comme un Prêtre de notre Eglise, attaché à l'église de Tekels Park, Camberley. (2)

Pendant l'automne de 1914, je me rendis à Adyar, aux Indes, aux quartiers généraux de la S.T. sur une invitation de Mme Annie Besant, et l'année suivante, je visitai l'Australie. J'étais, à l'époque, Grand Secrétaire de l'obédience mixte du Droit Humain, pour la Juridiction Britanique et j'étais fort actif dans ce mouvement. Ce fut cette année, en 1915, que j'eus le privilège d'initier C.W. Leadbeater à la Franc-Maçonnerie. Je lui parlai de mon ordination et il vint assister à plusieurs de mes célébrations de la Sainte Eucharistie. Il fut fortement impressionné par l'énergie bénéfique qu'une telle ordination accordait et par les splendides opportunités offertes, par cette célébration, pour la distribution des bénédictions spirituelles sur le monde.

Pendant ce temps, l'Archevêque Mathew avait consacré F.S. Willoughby à l'Episcopat. En septembre 1914, il envoya une lettre à son clergé disant que vu l'avancement de son âge, il était désirable que des actions "immédiates soient entreprises pour conserver la validité de la succession apostolique dans notre section de l'Eglise, puisqu'il existe un risque de la perdre". Les élections eurent pour résultat la consécration du R.P. F.S. Willoughby le 28 octobre 1914. Mon nom vint en seconde position à cette élection et il fut décidé que je serais consacré dès mon retour, afin que le nombre canonique de trois d'évêques soit atteint. Il est de règle, dans l'Eglise, que trois évêques officient lors d'une consécration épiscopale. La consécration par un seul évêque est valide; la règle demandant trois évêques est destinées à éviter les consécrations clandestines et d'assurer que tout soit fait coram populo. Il est bon que dans de petits mouvements indépendants, la chaîne de la succession épiscopale ne dépende que d'un ou deux maillons.

L'Eglise Vieille-Catholique

Arrivé à ce point de mon récit, il me semble souhaitable et pratique de parler du mouvement que représentait Mgr. Mathew. Il n'est pas utile d'apporter des détails sur l'origine et l'histoire de l'Eglise Vieille-Catholique. Un résumé est donné dans notre Déclaration de Principes, et cette histoire peut être lue dans la plupart des ouvrages qui traitent de l'histoire de l'Eglise. Au début du XVIIIe siècle, certains membres du clergé néérlandais, centrés autour de l'évêché d'Utrecht protestèrent contre ce qu'ils considéraient être une interférence illégale de Rome. Il faut leur donner le crédit du fait qu'ils luttaient contre des intrigues Jésuites. Ils réussirent à obtenir la Succession Apostolique par l'intermédiaire d'un évèque catholique romain, et ainsi se maintinrent indépendants de Rome. Aux Pays-Bas, ils furent désignés comme la Vieille Eglise Romaine. Ils conservèrent le Rite Latin, puisque leur différent était d'ordre disciplinaire et non doctrinal. On y priait pour le Pape, comme le Patriarche d'Occident, depuis 1910.

Le mouvement désigné comme Vieux-Catholique lui est postérieur et a une origine différente. Celui-ci de l'époque de la formulation de la doctrine de l'Infaillibilité papale, un dogme promulgué par Concile du Vatican de 1870. Un certain nombre de savants éminents européens se révoltèrent contre ce qu'ils regardaient comme une innovation doctrinale dangereuse. La Vieille Eglise Romaine néérlandaise vint à leur secours et consacra le Professeur Reunkens de Bonn comme leur évêque pour l'Allemagne. Celui-ci consacra à son tour, un certain Dr. Herzog, comme évêque de Suisse qui s'appela L'Eglise Catholique Chrétienne, en 1876. Et le mouvement s'étendit vers d'autres pays. Il y a une Eglise Nationale Polonaise aux Etats-Unis, qui est en communion avec Utrecht, dont le premier évêque Antonius Stanislaus Kozlowski fut consacré en Suisse, en 1897 par l'évêque Herzog cité plus haut. Son successeur fut Mgr. Francis Hodur, consacré à Utrecht en 1907. D'autres Eglises Vieilles-Catholiques ou Vieilles Eglises Romaines existent qui ne sont pas en communion avec Utrecht.

Le moment est venu de décrire les relations de Mgr. Mathew avec Utrecht. En acceptant la responsabilité du mouvement en Grande-Bretagne, nous eûmes la surprise de découvrir que les membres actifs pouvaient se compter sur les doigts d'une main. L'Archevêque Mathew se disputa successivement avec l'Eglise néérlandaise et avec l'Eglise anglicane, et avait perdu succesivement ses évêques auxiliaires et son clergé. Nous parlerons de ceci plus loin. C'est par nos seuls efforts qu'un oratoire s'ouvrit à Londres, au Red Lion Square, et qu'une congrégation fut graduellement rassemblée. Il n'entre pas dans le cadre de cet article de discuter en détail les difficultés ou les malentendus qui existèrent entre le Dr. Mathew et Utrecht après sa consécration. Elles sont exposées dans une brochure que j'ai publiée en 1920 sous la forme d'une lettre ouverte à l'évêque de Canterbury et portant le titre The Lambeth Conference and the validity of Archbishop Mathew's Orders [La Conférence Lambeth et la validité des Ordres issus de l'Archevêque Mathew]. On s'attendait à ce qu'un certain nombre de congrégations Catholiques Romaines de Grande-Bretagne se proposent de rejoindre les Vieux-Catholiques, et c'est sur cette base qu'eut lieu la consécration. Cependant, cet exode de l'Eglise Romaine n'eut pas lieu.

Lorsqu'il découvrit ces faits, Mgr. Mathew offrit de se retirer dans la vie privée, mais les évêques Vieux-Catholiques, dans une lettre datée du 3 juin 1908, publiée dans le journal anglais The Guardien l'exo-nera de toute complicité dans cette situation et affirmant que "leur confiance en Monseigneur Mathew restait inchangée après l'examen d'une large documentation concernant ce sujet", et qu'ils invoquaient la bénédiction du Dieu tout-puissant sur son Ministère et sur l'Eglise anglaise et sa congrégation.

Mgr. Mathew rompit ses relations avec les Vieux-Catholiques en 1910. Il donna comme raison que les évêques Vieux-Catholiques commençaient à modifier la foi catholique. Comme nous l'avons déjà dit, l'Eglise néérlandaise était fort conservatrice à l'égard des changements. Il en allait autrement dans les autres branches du mouvement. Ces dernières avaient en effet changé la teneur des enseignements et des pratiques Catholiques afin d'obtenir les faveurs et diminuer leurs différences avec le Luthérianisme et le Calvinisme. Aujourd'hui, il y a de grandes différences entre la Liturgie d'Utrecht d'une part, et les Liturgies Allemandes et Suisses, d'autre part. L'usage de l'encens est commun aux Pays-Bas, infréquent en Suisse et a pratiquement disparu dans les églises allemandes. Et la vue générale de l'Eglise néérlandaise a été affectée dans une mesure importante, par les tendances plus Protestantes de ces autres Eglises. Plusieurs changements furent apportés dans la Liturgie vénaculaire en 1910. Je donne ces points pour montrer que Mgr. Mathew, un homme d'orientation complètement orthodoxe, n'agit point sans avoir certaines raisons.

Notre séparation de Mgr. Mathew.

Le vrai problème de Mgr. Mathew était l'instabilité de son caractère. Il était extérieurement charmant et l'homme le plus courtois, et il était difficile, pour ceux qui le connaissaient, de le considérer comme pouvant être consciemment et intentionellement malhonnète. Mais il changeait constamment de point de vue. Son mental fonctionnait comme une girouette, poussé par le vent des exigeances du moment et par les émotions que ces événements éveillaient en lui. L'un des prêtres qui l'avait quitté me dit qu'il avait fixé à six mois la durée moyenne pendant laquelle un homme pouvait rester avec lui. Notre tour vint donc en son temps.

C'est pendant mon voyage de retour d'Australie, vers l'Angleterre, que j'appris l'existence de deux crises. La première concernait l'expulsion abrupte du mouvement de Mgr. Willoughby, à la suite d'attaques faites, à son encontre, par un certain hebdomadaire connu pour la publication de ce genre de choses. Mgr. Mathew le convoqua, ne lui donnant que quelques heures pour préparer sa défense. Mgr. Willoughby refusa de se présenter dans ces conditions, prétextant qu'il avait librement discuté avec lui, des circonstances qui l'avaient conduit à présenter sa démission de l'Eglise anglicane, avant son entrée dans le mouvement. Une sentence burlesque de dégradation fut prononcée. Un autre changement brutal fut la subite exigence de notre abjuration des principes théosophiques. Un Prêtre qu'il avait ordonné et qui n'était pas actif dans le mouvement, et qu'aucun d'entre nous n'avait jamais rencontré, avait convaincu l'Archevêque de l'iniquité de nos croyances. (3)

J'appris, en rentrant chez moi, que Robert King et Rupert Gauntlett avaient été consacrés à l'Episcopat par Mgr. Willoughby. Ce dernier était sur le point de faire soumission à l'Eglise Romaine. Il ne se sentait, en aucune manière, concerné par la dispute doctrinale. Le reste du clergé non-théosophique de Grande-Bretagne (à l'exception du prêtre mentionné plus haut) resta de notre côté. Mgr. Willoughby déclara qu'il tenait sa consécration épiscopale des suffrages du clergé concerné et qu'il se considérait comme honorablement et moralement obligé de rendre à la garde du mouvement l'épiscopat qu'il était censé perpétuer par sa consécration. Les deux autres ayant été chargés de garder la succession pour moi. Mgr. Willoughby était encore libre lorsque je rentrai en Angleterre. J'attendis quatre mois et demi avant d'accepter son offre de me consacrer à l'Episcopat. Je voulais, autant que possible, éviter des difficultés ultérieures en obtenant l'épiscopat d'une autre source. Quatre évêques, parmi ceux qui furent consacrés par Mgr. Mathew, m'approchèrent, ainsi qu'un certain Mgr. Vernon Herford, qui dérivait des Ordres épiscopaux d'une succession entièrement différente et qui transmettait, et le fait encore, les Saints Ordres aux ministres non-conformistes; (4) mais, comme je m'y attendais, sans succès. La raison principale de ma répugnance à accepter la consécration des mains de Mgr. Willoughby fut éliminée lorsqu'il me montra la correspondance qu'il eut avec Mgr. Mathew, prouvant qu'il avait été entièrement sincère à son égard. Ces lettres font maintenant partie des archives de notre Eglise. Entretemps, le problème de Mgr. Mathew s'était élargi, et le clergé actif du mouvement décida de se dissocier d'une direction qu'il commençait à considérer comme manquant du sens de responsabilité. Mgr. Mathew alors fit sa "soumission inconditionnelle" à l'Eglise Romaine. Ceci fut annoncé dans le Times pendant les derniers jours de 1915. Dans une lettre publiée dans un journal Catholique Romain de large distribution, il se déclare être "absolument et irrévocablement" convaincu de la nécessité de l'union avec le Saint Siège et d'accepter "sans aucune hésitation et sans aucun doute" l'infaillibilité pontificale (Revue Universe, 31 décembre 1915). Il m'annonça, à cette époque et par écrit, qu'il "terminait" le mouvement qu'il avait fondé. Pour ceux qui n'étaient pas habitués à ses sauts d'humeur, il semblerait qu'une telle déclaration solennelle et publique soit crédible, mais il refusa les conditions de Rome et continua son théatre, et reprit la direction du mouvement, à l'instigation du prêtre cité plus haut. Ce nouveau mouvement ne fit aucun progrès dans ce pays. Mgr. Mathew mourut en 1919.

La réorganisation de l'Eglise.

Je fus donc consacré à l'épiscopat le 13 février 1916 par Mgr. Willoughby, assisté des évêques King et Gauntlett. Notre Oratoire étant bien trop exigu pour une telle occasion, nous fîmes usage du Temple Maçonnique du Droit Humain de Londres. Une congrégation importante assistait à la cérémonie, un certain nombre d'entre eux servirent de témoins sur l'Instrument de Consécration signé par les évêques. (5) Dans la photo prise après la cérémonie, le Dr. Seaton, le Recteur du Chapitre de Mgr. Mathew, est visible au premier rang, assis avec les évêques.

Notre situation n'était pas aisée. Nous n'étions pas entrés dans le mouvement avec l'intention de commencer une autre Eglise. Rien n'était plus éloigné de notre pensée. Ce fut pour moi une grande déception de ne pas avoir pu entrer dans le ministère Anglican, et d'y recevoir la possibilité d'y recevoir le "doux, mais pesant fardeau de la prêtrise"; si les conditions y avaient été d'une plus grande liberté, je l'aurais joyeusement et heureusement accepté. Si j'avais eu la pensée de fonder une église indépendante, j'aurais saisi l'occasion offerte par les relations difficiles de Mgr. Mathew avec les Eglises Vieilles-Catholiques et j'en aurais trouvé l'occasion ailleurs. Mais il n'en fut pas ainsi. Nous furent fondés en relation avec une communauté sincère et dévote qui avait appris à apprécier les privilèges spirituels qui leur étaient offerts par le mouvement. L'expérience avait prouvé que nous serions arrivés inévitablement à une situation pénible sous une direction orthodoxe. Il n'y avait d'autre alternative que d'aller de l'avant, aussi formidables ou désagréables que soient les conséquences extérieures que ce choix soit susceptible d'apporter. Voilà donc pourquoi il fut décidé de continuer.

Quelques mois plus tard, j'étais à nouveau en chemin pour Sydney pour prendre l'avis de C.W. Leadbeater. Ce voyage mondial était certainement fort cher, mais je réalisai une partie de mon capital pour le rendre possible. Mgr. King fut chargé du travail en Grande-Bretagne et admit de bons travailleurs à la prêtrise. Mr. Leadbeater vit les énormes possibilités qu'offraient le mouvement et se mit à son service sans réserves. Il fut consacré à l'Episcopat le 15 juillet 1916, ayant reçu au préalable le Baptême, la Confirmation et tous les Ordres, de nouveau sous condition, de ma main. (6)

Les phases les plus heureuses et intéressantes de ma vie venaient de débuter. Les rites nombreux et divers de l'Eglise furent étudiés avec attention et, par ces recherches, les fondations de notre Liturgie actuelle furent posées; un livre intéressant et d'une grande valeur fut publié plus tard, par mon grand collègue, La Science des Sacrements. Mes propres études théologiques s'avérèrent utiles. J'étais capable de formuler une question après l'autre, ainsi que les principes qui gouvernent le fonctionnement des saints sacrements et le mystère entourant les offices du culte catholique fût graduellement élucidé. (7)

Je voudrais citer la recherche intéressante faite sur un point particulier. Il s'agissait de la question de l'intention. La raison principale pour laquelle l'Eglise Catholique Romaine considère les Ordres Anglicans comme invalides est que les réformateurs, selon leur jugement, n'avaient pas l'intention d'ordonner des prêtres sacrificateurs, au sens Catholique du terme. A l'époque de mon enfance, vivait à Liverpool, un Evêque Anglican ultra-protestant appelé le Dr. Ryle, qui prenait la précaution d'avertir ses candidats aux ordres, qu'il ne les ordonnait pas comme des prêtres sacrificateurs, mais seulement comme des ministres de l'Evangile. Cette recherche montra clairement que l'intention de faire ce que demande l'Eglise est suffisante, et que les élucubrations mentales de la croyance personnelle n'interviennent pas d'une manière sérieuse dans la situation. C'est le bien général qui est pris en considération, non pas les croyances mal placées d'un individu. En d'autres mots, ce n'est pas l'Evêque Ryle qui ordonne, mais le Seigneur Christ.

Nous nous sommes mis d'accord sur le principe que la Liturgie ne devait pas s'écarter de la ligne générale de la pensée et du culte chrétiens. Notre Eglise était chrétienne et nous avions l'intention de la garder comme telle. Nous suivîmes donc le plan général de la Liturgie Romaine qui avait été en usage dans notre Eglise et que nous avons reconnu comme la base la plus utile pour notre travail. J'avais été moi-même ordonné et consacré selon le Rite Romain. Le rituel utilisé était intitulé Le Missel et Rituel Vieux-Catholique. Il avait été publié en 1909 par Mgr. Mathew et portait l'Imprimatur de Mgr. Gul, l'Archevêque d'Utrecht. Il contenait bien entendu les variations mineures qui distinguent les rites Vieux-Catholiques et Catholiques Romains. Nous avions utilisé ce rituel pour nos services généraux, en accord avec le vœu de Mgr. Mathew je disais ma messe privée quotidienne en Latin. Ce furent aussi les formes utilisées pour l'ordination et la consécration de Mgr. Leadbeater - elles se trouvent aussi dans le Pontificale Romanum.

Nous nous mirent au travail pour éliminer les éléments qui, selon notre point de vue, défiguraient et affaiblissaient les liturgies anciennes. Les références à la peur de Dieu, à Son courroux et à la damnation éternelle furent éliminées, ainsi que la persistance à l'a condition de péché et d'abaissement de l'homme et les fréquents appels à la pitié. Les services furent clairement rédigés et furent libérés des répétitions dans leur développement structurel, autant que possible. Toute occasion fut saisie pour enjoindre la congrégation à pratiquer un culte utilisant et dédiant toutes les ressources de la pensée, de la volonté, de l'émotion qu'ils soient capables d'utiliser. Les sentiments dont l'expression est placée sur les lèvres du fidèle sont ceux que peuvent vraiment sincèrement ressentir et honnêtement exprimer ceux qui sont remplis de l'esprit de dévotion. Il n'est pas utile de décrire plus en avant cet aspect de notre travail, car il est décrit et discuté dans la Préface de notre Liturgie et a été décrit en d'autres endroits.

Un autre changement de méthode mérite d'être mentionné. Les liturgies historiques suivent la coutume du temps, consistant à identifier l'homme par son corps physique et par ses activités. Elles parlent de "mon âme" et de "mon esprit". Ce point de vue a pour effet de réduire l'homme dans l'exercice de ses facultés. Il conduit à orienter sa prière vers la demande des diverses vertus, comme si celles-ci n'étaient pas inhérentes en lui. Notre méthode qui consiste à traiter l'homme comme une intelligence spirituelle utilisant un corps physique conduit à une efficacité accrue, à une bien plus grande liberté, un plus grand empressement et une plus grande énergie dans l'expression de soi. Elle met en évidence l'idée de la coopération avec le Père divin, plutôt que la supplication, son service de Dieu et de Son monde, de la manière extroverte qui permet à l'homme de réaliser en partie les ressources illimitées de son être propre. Il les possède de droit, non pas simplement par la grâce.

Le travail de la composition de la Liturgie demanda beaucoup de temps et d'efforts. Un petit volume fut publié à Londres au début de 1918. Il contenait La Liturgie de la Messe, accompagnée de La Formule pour l'Administration de la Sainte Communion en dehors de la Messe, La Formule pour la Communion des Malades, L'Ordre, les Vêpres et La Bénédiction du Très Saint Sacrement. Le livre portait encore le nom de L'Eglise Vieille-Catholique et s'intitulait "préparé pour l'usage des communautés Vieilles-Catholiques de langue Anglaise". L'édition complète de la Liturgie fut publiée l'année suivante, je la signai moi-même et la datai de La fête de Saint-Aubain, 1919. Nous avions alors changé le nom de notre Eglise en Catholique Libre, et le nom de Messe avait été substitué par celui de Sainte Eucharistie. Certains changements mineurs furent apportés au texte du livre précédent. Il y avait, par exemple une phrase au commencement du Canon de la Messe: "Nous désirons offrir ce Saint Sacrifice pour Votre gloire, et afin que soit levé du monde le lourd fardeau du péché et du chagrin". Cette phrase fut écartée. Une nouvelle édition, incluant quelques additions, fut publiée en 1924. (8)

Je suis moi-même responsable de la plupart du texte des services. Mgr. Leadbeater et moi-même avons collaboré pour la rédaction des Collectes, bien qu'il en ait écit la majorité. Mgr. Leadbeater choisit les versets des psaumes et des cantiques, ainsi que les passages servant d'épîtres et d'évangiles. Mr. E. Armine Wodehouse écrivit la version originale de la belle hymne de la fin de la Bénédiction, "L'heure Sainte est finie" destinée au départ pour un mouvement cérémoniel appelé Le Temple de la Rose et de la Croix, dont Mme Besant, Mme Hotchener (alors Russak) et moi étions les officiers principaux. Il écrivit aussi les Litanies qui sont dans le rite de la Bénédiction et dans le texte des Ordinations. Elle semblent avoir été basées sur celles de l'hymnaire Ancient and Modern. Les lecteurs qui sont intéressés peuvent rechercher les numéros 464, 470 et 472 de cet hymnaire; ils verront que seules quelques vers ont été tirés de ces textes. Ces Litanies sont très belles et une heureuse addition à notre livre de culte.

J'ai jusqu'à présent revu les changements apportés à la Liturgie et aux moyens du culte. Il y a un autre sujet qui doit être abordé dans le récit de notre travail du début. Nous avons décidé de choisir scrupuleusement les évêques et les circonstances de leur consécration. Pendant quatre ans et quatre mois, Mgr. Mathew avait imposé les mains à au moins huit évêques, et ses évêques le quittèrent et se soumirent à d'autres Eglises (dans lesquelles certains fonctionnèrent en tant que prêtres) aussi fréquemment que ses prêtres. Le titre d'Archevêque fut écarté parmi nous. Il fut dès le départ, décidé d'abandonner le titre de Père pour les prêtres. Il n'y eut plus de Canons parmi les ordres mineurs. Aucune juridiction ne fut attribuée à un territoire particulier. Nous avons fait de notre mieux pour écarter les extravagances de la tradition ancienne. J'ai écrit le texte de la Déclaration de Principes.

Le travail de révision de la Liturgie fut souvent interrompu par les voyages nécessaires pour la fondation de notre mouvement dans différents pays. Il ne convient pas de parler ici de ces voyages. Mais les faits suivants peuvent être intéressants. Pendant mon voyage à Sydney, comme évêque nouvellement consacré je m'arrêtai à Adelaïde, en Australie Méridionale et ordonnai le 6 juillet 1916, David Morton Tweedie à la prêtrise. Il fut la première personne ordonnée en Australie. (9)

En 1917 je me rendis en Nouvelle Zélande pour le travail de l''glise et de la Maçonnerie. Pendant ma visite, John Ross Thomson et William Crawford furent ordonnés prêtres respectivement les 18 et 23 janvier. Tous deux sont maintenant des évêques. (10) Je retournai à Sydney et le 24 juin, je consacrai le Jonkheer Juliaan Adrian Mazel (11) à l'épiscopat avec l'assistance de Mgr. Leadbeater.

Plus tard, la même année, je retournai en Angleterre, en passant par les Etats-Unis, je restai quelques temps à Holywood (12) et visitai d'autres villes aux Etats-Unis et en Colombie Britanique (Canada) pendant ce voyage. Le premier prêtre ordonné aux Etats-Unis fut mon très cher et honorable ami, Charles Hampton. Il fut ordonné à Los Angeles le 19 août 1917. Le Dr. Edwin Burt Beckwith de Chicago fut ordonné à New York le 16 septembre 1917. Quelques années plus tard, le 18 juillet 1926, grâce à la courtoisie de Monseigneur Cooper, j'eus l'honneur de le consacrer à l'épiscopat dans l'église Saint-Michael à Huizen, aux Pays-Bas, assisté des évêques Cooper et Pigott. (13) Ray Marshall Wardall fut aussi ordonné à la prêtrise à New York le 4 octobre. Il est également un évèque actuellement. (14) Le 18 janvier 1918, à Londres, je réordonnai sous condition, à la prêtrise Frank Waters Pigott, maintenant notre Evêque-Président. (15) Je retournai en Australie quelque mois plus tard, voyageant à nouveau par les Etats-Unis. Je m'arrêtai à Chicago et y ordonnai Edmund Walter Sheehan, maintenant un évêque. (16)

L'année suivante, en 1919, notre Liturgie fut enfin publiée dans la forme que nous la connaissons aujourd'hui. La copie de cette édition que je possède porte la note suivante sur la page de garde: "Cette copie fut utilisée lors de la consécration de Mgr. Irving Cooper, le 13 juillet 1919". J'eus le privilège de fonctionner comme consécrateur en cette occasion, étant assisté par les évêques Leadbeater et Mazel. Mgr. Cooper fut le premier évêque qui ait été consacré selon la forme publiée dans notre Liturgie. Mazel, comme Mgr. Leadbeater fut consacré selon le rite Romain. (17)

Je parle des cas Américains, puisque j'écris cet article pour une revue américaine, mais aussi parce que je garde en mon coeur une gratitude vivante pour la gentillesse incessante, la chaleur de l'acceuil dont j'ai toujours été l'objet dans votre pays. La présence de Monseigneur Cooper à Sydney, alors que la révision de la Liturgie arrivait à sa fin fut utile et appropriée. Il nous présenta les besoins et le point de vue d'une nation qui n'était pas très liée à la tradition. (18)

Les derniers progrès de l'Eglise ont été accomplis dans le domaine de l'élargissement de la connaissance des membres et du clergé, dans les nombreux pays où elle est active. Nombreux sont les témoins des changements qu'elle a apporté dans les vies de tant de personnes. Elle peut être petite, en ce qui concerne le nombre des membres, mais elle a apporté une contribution distincte dans la communauté des églises chrétiennes et elle accompli sa tâche, bonne et intresèque, comme un instrument au service de notre Seigneur et Maître commun. 
______________


Notes explicatives de l'éditeur:
 (1) Mgr King mourut en 1954.
(2) le R.P. R.W. Bell mourut en 1964.
(3) Bernard Mary Williams, qui devint plus tard l'erratique "Archevèque de Caer-Glow", et qui mourut en 1952.
(4) Mgr Herford mourut en 1938.
(5) George S. Arundale, qui devint évêque utérieurement, et président de la Société Théosophique, signa aussi comme témoin.
(6) C. W. Leadbeater était alors un prêtre anglican, mais était inactif depuis 1884 lorsqu'il se rendit aux Indes pour travailler pour la Société Théosophique. Il remplit la fonction d'Evêque-Président de l'Eglise de 1923 jusqu'à sa mort en 1934.
(7) Mgr. Leadbeater fut l'un des plus grands occultistes et clairvoyants entraîné de tous les temps. Beaucoup de recherches relatives au développement du Rite et de la Liturgie Catholique Libérale fut accomplie grâce à ses facultés para-normales. Voyez La Science des Sacrements.
(8) La Liturgie en est aujourd'hui à sa septième édition.
(9) Mgr. Tweedie mourut en 1941.
(10) Mgr. Thomson mourut en 1938 et Mgr. Crawford en 1962.
(11) Mgr. Mazel mourut en 1928.
(12) A cette époque il y avait une grande colonie théosophique à Hollywood, qui depuis s'installa à Ojaï. L'ancienne Pro-cathédrale Saint Aubain de Los Angeles était adjacente à cette colonie.
(13) Mgr Hampton mourut en 1958, Mgr Beckwith en 1929.
(14) Mgr Wardall mourut en 1954.
(15) Mgr Pigott était un ancien prêtre Anglican. Il mourut en 1956.
(16) Mgr Sheehan a rompu ses attaches avec l'Eglise.
(17) Mgr Cooper fut le premier Evêque Régionaire des Etats-Unis. Une photographie de sa consécration a été publiée dans La Science des Sacrements et dans Les Cérémonies du Rite Catholique Libéral. Il mourut en 1935.
(18) Ce fut à cette époque que Mgr Cooper commença à travailler à son ouvrage, Les Cérémonies du Rite Catholique Libéral, qui fut publié en 1934, une nouvelle édition [revue par Mgr Pitkin] fut imprimée en 1965.


Autres notes historiques de l'éditeur : 

1. Les Provinces francophones:

L'Eglise s'est établie dans les pays francophones par les efforts d'un de nos évêques les plus humbles et discrets, Mgr Ernest Waldhémar Nijssens. Ordonné par Mgr Wedgwood dans l'église Saint-Michaël à Huizen, Pays-Bas en 1923, il fut consacré par Mgrs Leadbeater et Wedgwood le 15 août 1930. Il occupa les fonctions d'évêque Régionaire d'Europe occidentale jusqu'en 1937. Pendant ces années, il voyagea en France, Italie et en Afrique du Nord qui faisait alors partie du territoire français. Il ouvrit des oratoires dans les villes principales et ordonna de nombreuses personnes actives à la prêtrise. Il seconda Mgr Arthur Gerald Hounsfield en France, et si l'Eglise reprit vie après le coup mortel qui lui fut donné par la seconde guerre mondiale, c'est largement à cause du choix judicieux de ses candidats. Une communauté de langue française s'établit à Genève, Suisse à la même époque. L'Eglise s'établit en Afrique centrale francophone dans les années '50 et fonctionne actuellement sous la direction d'évêques africains. Le premier prêtre canadien d'expression française, le R.P. George Duguay fut ordonné en 1985, à Montréal par Mgr M. H. Warnon.


2. La Société Théosophique et l'Eglise.


Le récit de Mgr. Wedgwood nous montre que l'Eglise fut établie aussi bien par des membres que par des non-membres de la Société Théosophique. Ils venaient comme des Catholiques, des Chrétiens qui, comme des chercheurs de la vérité, seraient invités à recevoir les Sacrements Catholiques et à participer au culte chrétien - des privilèges qui leur avaient trop souvent été déniés dans leurs anciennes Eglises, particulièrement celles de la tradition Catholique. 

L'Eglise ne fut pas établie comme faisant partie de la Société Théosophique, et ce ne fut jamais l'intention de qui que ce soit d'associer l'appartenance à la Société Théosophique et du Clergé et des fidèles, ni que les Ordres soient réservés aux membres de la Société Théosophique. 

Si cette Eglise devait être une église théosophique, ce serait dans le sens de rassembler les "chercheurs de la lumière" de la Divine Sagesse. Et puisque la Sagesse Divine est illimitée et ne peut jamais être la possession exclusive d'aucun individu, ni d'aucune organisation. Elle doit être recherchée, mais s'éloigne toujours. "Nous lèverons voile après voile, mais il doit y avoir après cela d'autres voiles après d'autres voiles". 

Si cette Eglise doit être celle des "chercheurs de la lumière", elle doit être une église de liberté religieuse et philosophique, dans laquelle le chercheur puisse appartenir à toute école de philosophie ou à aucune, à toute dénomination chrétienne ou à aucune, à toute religion ou à aucune. 

La seule qualification pour être admis comme membre est le respect des Sacrements et la volonté de participer au culte commun selon la Liturgie acceptée par les évêques fondateurs et leurs successeurs. Il est vrai que La Déclaration de Principes et l'Abrégé de la Doctrine contiennent les idées que l'on pourrait qualifier de "théosophique"; ceci est inévitable, simplement parce que l'Eglise, comme la S.T., est composée de chercheurs de la vérité, et dans la mesure ou des vérités réelles puissent être découvertes, elles seront également les vérités des deux organisations, ou de n'importe quelle organisation école de pensée qui recherche la vérité. Nombreux sont les membres de notre Eglise qui voudraient certainement adhérer à la devise de la Société Théosophique: "Il n'y a pas de religion supérieure à la vérité". Aussi longtemps que personne n'impose aux autres sa version de la vérité, il n'y aura aucune raison de conflit, ni le besoin de créer une confusion en essayant de séparer des organisations qui partagent largement les mêmes membres (Maçonnerie, Théosophie, Rose Croix, ...).


3. L'histoire de l'administration de l'Eglise.

Les archives officielles de l'Eglise sont conservées à Londres, Angleterre, depuis le début de l'Eglise en 1916. En 1958, le Synode Episcopal Général déclara le bureau de la Province de Grande-Bretagne, à Londres comme les Quartiers Généraux de l'Eglise, quelle que soit le lieu de résidence de l'Evêque-Président. L'Eglise est gouvernée par le Synode Episcopal Général qui est composé de tous les évêques actifs de l'Eglise, avec l'un d'eux élu Evêque Président. 






Message de Pâques 2017.

En ce jour de Pâques, nous sommes invités à revenir au cœur de la foi, à son fondement qui est la résurrection du Seigneur. La fo...